06 mai 2008
Hortus Closus I

"Muhammad Shah dans un Jardin",
Peinture attribuée à Nidha Mal, Inde Moghole, vers 1735
(Boston Fine Museum of Arts)
L'empereur moghol Muhammad Shah, plus doué pour les loisirs que pour la guerre (piètre stratège, son règne de 1719 à 1748 aboutit à l'éclatement partiel de l'empire moghol indien), voulait que ses jardins soient en tous points l'incarnation du plaisir sensuel et inspirent un sentiment de paix et de tranquillité profondes, à l'abri des armées postées de l'autre côté des murs qui les clôturaient.
Jardins remparts contre la violence et la laideur d'un certain monde.
01 mai 2008
Contre les dragons
Saint Léonard, ami de Clovis, s'était retiré au coeur des bois où il menait une vie d'ascète. Il fut un jour provoqué par le démon ayant pris la forme d'un affreux dragon. Le combat fut féroce et le saint reçut maintes blessures. Cependant, à chaque goutte de sang qui tombait à terre, des pieds de muguet poussèrent et se mirent à fleurir.
Photo d'André Martin extraite du livre "Le Jardin Romantique de George Sand"
de Christiane Sand et le paysagiste Gilles Clément, paru chez Albin Michel en 1995.
Beaucoup de bonheur à vous tous et toutes qui prenaient le temps parfois de venir à la Source.
29 avril 2008
Et Caetera
Franck Delmarcelle, dont j'avais déjà évoqué brièvement en images la ferme picarde ici, a un blog. Une occasion d'admirer de la province les fabuleuses acquisitions de sa galerie d'antiquités dans le quartier du Marais à Paris et de suivre l'actualité de ses apparitions -trop rares- dans les média.
Ce fut une sorte de choc esthétique très marquant que je ressentis en 2000 à la lecture de l'article paru dans The World of Interiors où figuraient des clichés de l'intérieur de la ferme qu'il avait acquise en Picardie. Et depuis, je le piste...

Campagne Décoration - Mars/Avril 2004
Franck Delmarcelle a tout simplement un goût et un respect exquis des objets et de leur mise en scène, et qu'ils soient précieux ou non importe peu. Il les laisse à leur belle décrépitude de vieil or ombré de salissures et d'éclats de peintures, tissus effilochés, velours rouges et bistres à trous et coins cabossés. Je crois qu'après avoir vu cet article et les suivants, bêtement et naïvement, je me sentais moins seule dans mon amour des objets abîmés par le temps et dans ma volonté forcenée et souvent incomprise de ne jamais ou seulement parcimonieusement restaurer les objets anciens qui m'entourent. Je me lamente souvent sur tant de recirage, "regrisage" (même si j'y succombe parfois pour viser justement un aspect "Delmarcelle"!), redorure et autre recyclage alors qu'on se moque allègrement de ma porte de bibliothèque qui ne ferme pas, de mes animaux empaillés et de mes cadres non repeints pleins de manques. Ma tendance serait donc plutôt à "dérestaurer". Je crois aussi que je perçois chez lui une vision esthétique très forte liée à la vie à la campagne, où le beau côtoie la rudesse du quotidien aux champs, ce qui génère la même émotion que celle ressentie devant les toiles et dessins des grands maîtres flamands du XVIIème.

Campagne Décoration - Mars/Avril 2004
Avouerais-je aussi que j'apprécie la démarche de la résidence, même secondaire, en Picardie (où je réside), pas si courante que cela ?

Intérieurs Campagne - Décembre 2004/Janvier 2005
Je crois bien que depuis lors je l'ai sacré définitivement mon gourou en matière de décors...
Il paraît que Téva Déco a récemment consacré un reportage à son appartement parisien. Je n'ai que 5 chaînes (aïe, volontairement, et rarement regardées) ! J'espère vivement qu'il figurera sur le blog de Mr. Delmarcelle, tout comme celui d'Intérieurs sur Paris Première qui s'y trouve déjà.
Galerie Et Caetera
40,rue de Poitou
75003 Paris
07 avril 2008
Comme les oiseaux...
... je m'agite et m'affaire, voletant de travaux en travaux avec le renouveau du printemps. Occupée notamment par deux commandes d'aquarelles de grand format que je ne manquerai pas de vous montrer une fois terminées, et le jardin, et un grand nettoyage de printemps, et... tout le reste, je ne trouve pas le temps de venir remplir les pages de la Source.


Papier peint et tissu "Humming Birds", Cole & Son
Plusieurs jours de pause, donc, pour aménager mon nid
et mieux nous retrouver...
31 mars 2008
Pour faire "short"...
Petite pause samedi après-midi dans l'herbe entre deux binages de massifs pour réfléchir au défi (tag !!! casse-tête !!!) lancé par la très talentueuse Delphine... (ils sont pas beaux mes authentiques sabots suédois achetés ici ?)
Plus facile que le gâteau au yaourt, qui dit mieux ?
Donner sa recette
et taguer 5 blogueuses
en mettant leur adresse en fin de l'article et en les prévenant sur leur blog
Je fais ou je fais pas ?
Une salade aux fleurs de capucines ?... non, non, ce n'est pas la saison...
Le classique gâteau au chocolat coeur moelleux ? oh non, pas encore du chocolat...
Mon gâteau à la carotte si joyeusement épicé qu'on ne saurait dire s'il est anglo-saxon ou oriental ? Il faut quand même râper les carottes !
Faudra-t-il du lait et des oeufs ?
No, no, no...
Dimanche, le temps est à la pluie et c'est peu dire. La météo donne des airs de campagne anglaise au jardin, envie d'un bon thé au coin du feu en regardant le jardin par la fenêtre ou en compagnie des escargots...
çà y est, je l'ai mon idée facile...
des shortbreads !
250 g de beurre
110 g de sucre en poudre
360 g de farine
(pour environ 20 shortbreads)
Mélangez, puis malaxez le beurre mou et le sucre
jusqu'à obtention d'une pâte jaune blanc
Ajoutez la farine progressivement et continuez à malaxer
Etalez la pâte au rouleau pour une hauteur de 0.5 cm
Utilisez un verre comme emporte-pièce pour découper des ronds
Faites des "trous-trous" avec un couteau sur les petits ronds de pâte
Mettre sur papier sulfurisé, four thermostat 170-180°
15 à 20 minutes au four (attention les biscuits ne doivent pas dorer)
Sortez, saupoudrez de sucre en poudre et faire refroidir sur une grille
(comme j'aime la cuisine parfumée, j'y ajoute aussi parfois un peu de fleur d'oranger)
Tea time sous la pluie picarde...
Et je passe le relais - uniquement si elles le souhaitent - à....
(non pas celle-ci, une géniale "quasi pro" qui m'émerveille et me régale à chacun de ses billets,
tellement douée qu'elle est hors concours !)
lunemalo, pénélope, la mère de la mule, florizelle et delph'
(ce qui ne veut pas dire qu'elles ne sont pas douées, bien au contraire !!!)
Et encore chapeau à Delphine pour m'avoir fait faire une entorse à mon éthique "no tag",
éthique dont la cause principale est ma grosse paresse !
28 mars 2008
"Chine" Pop-Rock
J'aimais déjà beaucoup et de longue date le groupe Blonde Redhead, mais j'éprouve encore plus d'attirance pour l'univers de la mystérieuse et insomniaque Kazu depuis que je suis tombée par hasard sur cet ancien numéro du magazine déco américain Domino. Tout me plaît : les bleus tous doux, la toile de Jouy sans prétention sur le mur, le mélange d'ancien et de nouveau, les objets hétéroclites d'époques différentes chinés de par le monde et l'art du recyclage de ceux-ci, revisités par le couple sans trop de violence. J'aimerais bien voir plus souvent dans les magazines français des intérieurs d'artistes connus comme celui-ci, loin du clinquant vulgaire des jet-setters qui semblent envahir de plus en plus la presse, comme si réussite rimait systématiquement avec pièces immenses, accumulation de matériaux trop luxueux et mauvais goût, masquant ainsi comme un maquillage obscène le moi profond des intéressés.
Sur ce...
27 mars 2008
Correspondances
En feuilletant le book de Wendy Bevan évoquée plus tôt aujourd'hui et dont est aussi extraite la photo ci-dessus, Dieu sait quelle gymnastique cérébrale s'est opérée en moi, mais j'ai eu envie de revoir les photos d'une Isabelle Adjani "vintage" aux traits si purs sublimés par les directeurs photo Schmidt-Reitwein, Almendros et Nuytten...

"Adèle H." de François Truffaut

"Les Soeurs Brontë" d'André Téchiné
Sans doute les costumes et les cheveux collés par la pluie, ou
peut-être une envie soudaine de pureté sauvage et flamboyante,
et d'une promenade au vent d'une plage ou à travers champs
pour évacuer un trop plein d'angoisse?
Désordres Intimes
Photos : Wendy Bevan
25 mars 2008
Homme d'Intérieurs

Aquarelles d'intérieurs par Jeremiah Goodman
Source : 
"Jeremiah: A romantic vision" de Jeremiah Goodman
Editions PowerHouse Books, 2007
23 mars 2008
Polonité II
Je n'ai pas honte à dire que ma polonité se nourrit essentiellement des clichés d'une Pologne idéalisée. Mais les clichés ne sont-ils pas une forme exacerbée ou absolue de la tradition? Elle resurgit ainsi à divers moments de l'année, fruit de ma mémoire d'enfance, et je m'efforce de la transmettre à mon tour, hantée par le souvenir d'une grand-mère trop tôt disparue et qui n'a pas eu le temps de tout me raconter. Le tissu de mes origines s'effiloche au fil des années et des générations, au contact de la Grande Histoire et au gré des évènements familiaux et personnels, et aussi par la volonté farouche d'intégration, voire d'acculturation, de la part de ces Polonais qui un jour ont choisi la France et ne le regrettent pas malgré les malheurs traversés. Cependant, les racines sont là, je les sens encore pleines de sève, des spécifités demeurent, formulées de manière inconsciente à travers certains goûts, intérêts et aptitudes.
Cette polonité colore ma vie de motifs floraux à la Lolita Lempicka, et je sais comment faire vibrer encore la "slavitude" de mon père, lui arrachant avec douceur un sourire de connivence nostalgique...
La cuisine est pour les immigrés une manière d'entretenir une culture, de se souvenir et de retisser ce lien vers les origines, et c'est donc par ce biais que j'essaie de perpétuer une certaine tradition familiale. Perpétuation orale donc, dans toutes les significations de l'adjectif, et une manière pudique de dire à mon père que je sais d'où je viens. Ainsi, les fêtes de Pâques me ramènent toujours vers les repas préparés pour cette occasion par ma grand-mère polonaise. Elle passait le vendredi saint en cuisine alors qu'elle n'avait qu'une sardine au ventre en ce jour maigre. Je n'en ai que de vagues souvenirs qui, cependant, restent gravés dans ma mémoire : des oeufs, oui, beaucoup d'oeufs, de la charcuterie polonaise, panski (sorte de beignets), pierogi au fromage et entremets. Les recettes, pourtant si précieuses, sont seulement passées de mains de tantes en mains de mère et de soeurs, griffonnées sur de simples bouts de papier. Aujourd'hui, je parviens heureusement à toujours trouver sur les marchés et chez certains charcutiers d'origine polonaise des saucisses et saucissons aussi particuliers que savoureux que sont la kaszanka (sorte de boudin à l'orge perlée à manger froid) et la synkowa (saucisson au jambon). En les partageant avec ma famille, je ne perds donc pas tout à fait le mince fil de ce tissu polonais dont la trame, hélàs je le sais, continuera inéluctablement à s'user avec les années (fatalisme complètement slave!).

Makowiec (gâteau aux graines de pavot) et pierogi leniwe (gros ravioli au fromage sucré)
Pierogi leniwe (à la façon de ma grand-mère) - pour environ 20 pierogi
Pour la pâte
500 g de farine
2 oeufs
1 verre d'eau
1 pincée de sel
Etaler finement au rouleau à pâtisserie et y découper des cercles à l'aide d'un verre
Pour la farce
500 g de fromage moulé (Saint Florentin, ou à défaut brousse)
1 jaune d'oeuf
Sucre selon le goût
1 sachet de sucre vanillé
Déposer un peu plus d'une cuillère à café de farce à fromage au centre des cercles de pâte que vous aurez au préalable encore un peu plus étalés.
Mouiller les bords de chaque cercle et rabattre la moitié en pressant fortement les bords.
Faire bouillir de l'eau et y plonger les pierogi.
Attendre qu'ils remontent à la surface de l'eau. Les sortir en les égouttant.
Juste avant de servir, les faire légèrement dorer à la poêle dans du beurre chaud et les déguster immédiatement en les saupoudrant de sucre.
Si vous souhaitez renouer avec votre polonité ou si vous voulez simplement en savoir plus sur la culture polonaise,
vous trouverez votre bonheur à la Librairie Polonaise du 123 bd St Germain à Paris,
ou rendez-vous sur le site beskid.com -francophone-
sorte de pont entre les Français d'origine Polonaise et la Pologne d'hier et d'aujourd'hui.

































