01 octobre 2009
Secret garden
Celui-là, j'avoue, je voulais plutôt le garder pour moi. Enfin, pas forcément le partager avec tout le monde. Sentiment tout à fait illusoire et puérile, puisque le Parc Saint-Vincent (1) est ouvert à la visite et (2) va dès ce week-end remplacer feu le salon de Versigny; il ne sera donc pas plus à moi qu'à vous et à tous ces visiteurs qui le découvriront ou le redécouvriront.
Pourtant j'y ai été, vraiment, totalement, complètement seule le temps d'une visite. Et parce que c'était la fin d'une journée particulière en juin dernier, et qu'il y avait un beau ciel changeant un peu orageux, j'en garde un souvenir très spécial. Je crois même que c'est mon coup de coeur jardin de cette année bien que ce jardin ne soit pas aussi spectaculaire que les "blockbusters" du genre. Je ne voulais pas rentrer chez moi ce jour-là, j'avais besoin d'un refuge pour réfléchir et nourrir mes rêves éveillés. Je bifurque donc en direction du Parc Saint Vincent à Borest, jardin discret où je projetais depuis quelque temps de me rendre. En cette fin d'après-midi, je n'étais même plus sûre d'arriver à temps ou d'en avoir suffisamment pour m'adonner à mes longues flâneries habituelles.
Je m'approche de hauts murs protecteurs et sévères et je vois la propriétaire à la grille, raccompagnant son jardinier. Je lui demande si je peux entrer et la sens immédiatement étonnée de voir chignon et talons hauts débarquer à cette heure tardive dans ce joli coin de campagne complètement retiré (disons que je n'ai pas le look du visiteur de jardin lambda, ce qui souvent occasionne un sujet de conversation supplémentaire avec les propriétaires). Accueil chaleureux d'Hélène Merlotti, agrémenté de quelques explications sur le parc et ses origines, que j'écoute à moitié à vrai dire, les yeux et la tête happés par le paysage "austenien" qui s'offre à ma vue derrière la maison : une belle étendue verdoyante que l'on doit sans doute à Louis Sulpice Varé (déjà évoqué ici) qui tout de suite fait vibrer ma fibre anglophile. Il y a aussi un peu de Nohant dans ce parc, tel qu'il devait se présenter du temps de George Sand (j'ai toujours préféré sa vie à son oeuvre). J'ai, je crois, un rapport très littéraire avec les jardins.
La maison de mes rêves, rectiligne, grise et simple, voire austère, une large prairie qui attend la fenaison imminente, des fleurs, mais pas trop, et des compositions tout aussi épurées, pas sophistiquées, non, au contaire, sobres et simples mais donnant au tout un effet champêtre et très naturel. Ici, pas non plus de myriades de variétés ou de couleurs, le jardin n'est pas chargé. L'ensemble est pourtant raffiné et élégant. Et s'y trouve un "vrai" potager fleuri et nourrissier, pas prétentieux pour deux sous, jardin de curé réaliste contrairement à ceux qui n'en ont que l'appellation et ne font que nourrir les pages déco des magazines.
En somme, j'ai adoré, et comme Hélène Merlotti n'en revenait toujours pas que les histoires de jardin me passionnent autant et qu'elle a découvert que j'étais une sorte de Madeleine Lemaire -du pavé- du XXIème siècle (!), elle m'a conviée dans sa cuisine à la fin de ma visite pour un thé-craquottes au miel plaisant et bavard, et m'a invité à revenir peindre dans son jardin autant de fois que je le souhaitais. Echange de bons procédés, je lui ai promis de promouvoir via ce blog sa première fête des plantes qui va dorénavant remplacer le rendez-vous de Versigny auquel elle avait collaboré pendant plusieurs années. Vous y trouverez pépiniéristes et rosiéristes de qualité et je vous engage donc à faire votre marché de plantations d'automne ou simplement profiter de ce lieu charmant ce week-end, samedi 3 et dimanche 4 octobre. Je suis sûre que le parc est aussi très beau et mélancolique en cette saison.
Allez-y nombreux, mais pas trop quand même...!
J'ai commencé un petit carnet de visite de Saint Vincent que j'espère avoir le courage de terminer,
ne serait-ce que pour l'offrir à cette femme courageuse qui regrette l'esprit de partage et les fêtes d'antan
avec les paysans qui peu à peu ont déserté son village, certes plein de charme, mais devenu un peu dortoir.
Je suis dans une phase de "peur" du pinceau...
Peur de ne pas y arriver, peur du décalage entre le désir et le résultat, etc.
bref, les créatifs et créatives (mais pas seulement) me comprendront!
Je crois que j'ai peur de mon blog aussi...
16 septembre 2009
Matrioshka, Nevalyashka et moi
"Matrioshka
Matrioshka or the Russian doll is a unique legless wooden doll which embodies a great will for reproduction.
Nobody saw any fathers of any matrioshka, so biologists consider matrioshkas reproduce in a way of gemmation.
98% of all dolls are female, but there are documented cases of famous sportsmen, actors, spacemen and even presidents becoming matrioshkas.
Warning: beware of fakes and falsification! A genuine matrioshka do not have any legs!"
"Nevalyashka
Nevalyashka or Van'ka is a never-fall doll and one of the most repugnant memories from early childhood for every Russian.
It was something like a tradition to give this red ugly never-fall jingling doll to every child.
This toy is supposed to develop creativity, imagination, hearing and movement coordination in children. but nobody knows exactly how it works.
Some people are still buying these dolls for their children. Poor guys!"
Plus de "witty definitions" par Elena Marus dans le très drôle WOW Russia!
Mon coeur slave a chaviré devant le reportage "Filles de l'Est"
réalisé par Alina Caraman et photographié par Benoît Peverelli (Biba d'Octobre 2009).
On y trouve du Galliano,du Dior, du Chanel et du Kenzo, mais étrangement,
j'ai pensé très fort à Christian Lacroix devant cette opulence éblouissante de motifs et couleurs...
Any news?
15 septembre 2009
Jouer à chat...
et à la poupée avec les robes adorables de Vivetta (blog ici)
14 septembre 2009
Back soon
Je compte les jours en attendant le retour d'Emilie Simon avec "Big Machine" le 21 Septembre.
Les fâcheux trouvent qu'elle force outrageusement l'accent "kate-bushien" de sa voix sucrée et haut perchée... Moi, ce paroxysme vocal de féminité me fait fondre et fait écho à la mienne, d'autant qu'elle a le talent fou, l'indépendance et l'exigence de composition et d'écriture de celle qui a sans doute guidé ses premières émotions musicales. C'est un animal créatif en mutation constante que l'on croit une seconde ici et qui est déjà ailleurs, et on est bien sourd et aveugle en France de ne pas célébrer davantage son inventivité atypique.
D'ailleurs, elle vit désormais à New York où elle semble avoir élargi encore son univers et tenté moultes expériences nouvelles, comme les créations et performances de nouveaux titres en live avant leur enregistrement en studio. A l'écoute des premiers samples de "Big Machine", le goût urbain de la pomme semble ne pas avoir agi en poison, bien au contraire, je soupçonne une inspiration plus dense encore, voire une "libération"? Autant dire que j'en attends beaucoup car avec elle c'est tout un concept qui est proposé, mélodique, instrumental, esthétique, vestimentaire, émotionnel et poétique. Une des rares artistes dont j'attends les clips (ah, Dame de Lotus...) tant ceux qu'elle avait réalisés notamment avec NoBrain étaient réussis.
Can't wait...

Photos glanées sur le Net, son site et signées Elizabeth Sentianin sur le MySpace d'Emilie Simon
30 juillet 2009
Migration

Illustration : La Source aux Bois
Quelques gazouillis et battements d'ailes et je serai bientôt de retour ...
Bonnes vacances à tous et toutes !
24 juillet 2009
Trois Greniers
Il ne restait plus rien ou presque dans le grenier à notre arrivée à La Source. Seule une gouache naïve représentant la maison, vraisemblablement exécutée par une petite fille il y a très longtemps était tombée entre les mains des anciens propriétaires un peu amers de quitter la maison; ces derniers ne voulurent pas nous la laisser malgré leur absence de parenté avec l'artiste en herbe. Il m'a pourtant toujours semblé que cet instantané du passé appartenait avant tout à cette maison. J'y pense souvent avec regret, et pas seulement parce que je peins aussi dans ce lieu. Elle manque à la maison, comme si on avait voulu la priver d'un pan de son histoire, par pur dépit ou égoïsme matérialiste. Je jure que cette gouache serait restée à la Source pour l'éternité, bien après mon propre départ.
C'est donc curieuse et émerveillée que je suis régulièrement l'exploration par Emerson Merrick de sa maison de famille d'Elmwood dans le New Hampshire, maison aux trois greniers -- plus qu'il n'en faut pour me faire rêver.
Et quelle émotion lorsqu'au cours de sa chasse aux trésors Emerson découvre scrapbooks, fleurs pressées, journaux intimes, vieux sacs et photos jaunies, laissés en héritage dans une remarquable volonté de transmission. Un bel espoir d'éternité d'une famille et d'un lieu.
Comme je l'envie et comme j'aimerais qu'on ne vide pas trop les greniers...

All photos : Emerson Merrick
23 juillet 2009
Un autre regard
Surfaire : Fig. Estimer trop, en parlant d'une personne, vanter au delà des mérites. "C'est un homme qu'on a beaucoup surfait" (Littré).
Je crois qu'il n'est pas bon pour moi de visiter trop de jardins. Saturation de visites en mai et juin, route longue et pénible, temps trop chaud, propriétaire quasi absente ou plutôt "aristocratiquement" lointaine, ce n'était peut-être pas le bon jour pour aller à Vieils. Certes, s'y trouve le superbe jardin de curé signé Sonja Gauron... mais pour le reste je n'ai pas été conquise. Je ne l'ai pas trouvé "remarquable" (c'est pourtant son label) et je me suis sentie "cliente" ou "consommatrice".
Est-ce ma faute ou celle d'autres jardins dont le parfum exhale plus de modestie ?
Au lieu de vous asséner une critique négative (ce serait d'ailleurs pure excessivité de ma part, je l'avoue), j'ai choisi de diriger vos regards sur les ornements qui habitent joliment le lieu et de dépasser ainsi ma déception. Une façon de me réapproprier ces jardins et de leur donner un autre éclairage pour qu'ils m'étonnent enfin grâce à des manipulations photographiques très artisanales partagées avec vous.
De là, peut-être, naîtra une envie d'y retourner un jour. Un banc m'y attend...
18 juin 2009
Supprimer les fleurs fanées ?
Fleurs de tissu fanées, artificielles ternies et céramiques délavées pour un repos éternel
sont joliment conservées ici.
Photos : Jen
16 juin 2009
Les fils de Joy Division et New Order...
... font de moi aujourd'hui un personnage de Jonathan Coe.
15 juin 2009
Entre Charmilles et Buis
Je m'efforce toujours de mettre à profit le week-end des Rendez-Vous aux Jardins pour visiter des jardins moins connus, plus secrets et dont l'accès est limité dans le temps ou possible la plupart du temps sur rendez-vous.
"Entre Charmilles et Buis" n'est pas un grand jardin : 800 m², et c'est tout juste si sa talentueuse conceptrice ne s'en est pas excusé au téléphone avant que je ne m'y rende. Et pourtant, une conviction intime, peut-être favorisée par la sonorité du nom de ce jardin, m'a poussée à dépasser les frontières de l'Oise, pour goûter les délices visuels et olfactifs qui se cachaient derrière celui-ci. Ma curiosité était aussi attisée par ce qui peut sembler somme toute comme un pari fort culotté : faire d'un petit jardin un lieu digne d'être visité...
Après une découverte du joli village d'Allonville tout près d'Amiens, dès le portail franchi, guidé par les pas japonais ourlés de plantations soignées qui témoignent déjà d'un joli travail sur les couleurs et les volumes, j'ai su que j'avais bien fait de venir. Le ton était donné et je devinai que ma visite serait sans doute plus longue que prévu. A mesure que je visite des jardins, il m'apparaît clairement que soigner son entrée est primordial, c'est une forme de mise en bouche qui détermine le style du jardin et doit suffisamment séduire le promeneur pour qu'il éprouve une irrépressible envie de découvrir ce qui se cache derrière les grilles...
C'est le jardin d'un père et de sa fille. Un émouvant couple jardinier, passionné et enthousiaste : elle conçoit, joue avec les couleurs, les volumes, les hauteurs, et lui, peintre aquarelliste formé aux Beaux-Arts, lui prête main forte, car la demoiselle passe une partie de son temps dans le Cotentin, voisine de Stéphane Marie, qu'elle connaît bien. Jardin d'artistes, donc, car il semble bien que la fille ait hérité des dons de son père en matière de composition, graphisme et correspondances chromatiques.
Quant une passionnée rencontre deux passionnés... ce fut une conversation vivante et chaleureuse entre eux et moi où se sont découverts des points communs et furent évoqués les jardins visités, les émerveillements, les déclics provoqués par certains lieux, les impressions vivaces, sensuelles et déterminantes induites par des visions de jardins que jamais ne sauraient capter les plus belles photos.
Le pari est gagné et j'y suis restée plus de deux heures entre ma promenade, les pauses d'observation et les conversations : le jardin semble plus grand qu'il ne l'est grâce à un jeu de perspectives et volumes judicieux, on y déambule lentement par le truchement de coins et recoins qui ont le charme des vieux jardins (celui-ci n'a que dix ans) et l'on s'arrête à chaque pas pour observer et noter les vivaces et arbustes (point d'annuelles ici) choisis soigneusement tant pour la floraison que pour le feuillage qui doit rester intéressant une bonne partie de l'année. Des essences parfois moins connues, des couleurs et des feuillages plus rares parmi les classiques indispensables...
Le père et sa fille déploraient les orages récents, ainsi que l'aspect moins net du jardin en comparaison avec ses débuts. Il me faut les rassurer : j'ai aimé ce jardin mature, où l'on doit se baisser, serpenter, se pencher, si évocateur des petits jardins de grand-mère. Ce jardin, cerné de charmille et structuré de boules de buis, en a le charme et offre par endroits des scènes très nostalgiques. Il permet aux visiteurs, de par sa taille modeste, de pouvoir se projeter dans ses propres désirs de jardin car ce lieu est davantage à leur portée qu'un parc de plusieurs hectares. Il a aussi le visage du raffinement au travers d'heureuses associations réalisées dans certains massifs où s'épousent formes élancées et dodues, pourpres et camaïeux de verts et jaunes pâles, et les gammes de roses se font écho dans l'alternance des rosiers et clématites en premier et arrière plans.
La visite s'achève par un ravissant jardin de curé miniature qui sent bon le rance des buis et l'humidité des jardins secrets. Je suis redevenue l'espace d'un instant la petite fille qui se perdait dans ses jeux au coeur de petits jardins ouvriers foisonnants qui lui semblaient aussi grands et mystérieux qu'un pays tout en entier.
Entre Charmilles et Buis
5 le Tour des Haies
80260 Allonville
Tél : 03 22 93 02 71
























































