29 septembre 2007
Les Jupons de la Reine
Reine des Violettes - Hybride remontant, Millet - Malet 1860
(Photo La Source aux Bois)
Rosomane : Grand amateur de roses. Nom admis dans la langue française. (H.R., Plantier, c. 1825).
...serait-ce la connotation addictive et sensuelle de ce mot qui le rend à peine toléré, voire absent de certains dictionnaires français? Dans le catalogue du rosiériste Guillot, le terme est même jugé étrange et peu gracieux.
Sans doute doit-on y voir la conséquence du symbolisme ambivalent de la rose : longtemps incarnation du sang des martyrs chrétiens ou associée à la pureté de la Vierge, la rose est aussi fille païenne de la mythologie grecque, heureuse métamorphose d'une nymphe dont la beauté serait un don d'Aphrodite, déesse de l'Amour, et l'enivrant parfum celui de Dionysos, dieu du Vin. Cultivée jusqu'à l'obsession par les Grecs pour l'ornement des fêtes, peuplant le jardin d'Eros, ses pétales faisaient aussi le lit des amours de Cléopâtre ou d'orgies romaines sous l'empereur Néron.
Les plis et replis des pétales de rose tels des jupons soyeux cachent un secret si attractif, celui d'un plaisir à la fois sacré et interdit.
Gloire donc aux rosomanes qui ont d'ailleurs un rosier à leur nom. Je m'abandonne volontiers à la suave musicalité de ce mot et à cette addiction, prolongée en hiver grâce à la fragrance puissante de l'élixir quintessentiel de Serge Lutens "Rose de Nuit".
Gloire des Rosomanes - Vibert, 1825

