22 octobre 2007
Caterpillar, caterpillar, caterpillar, caterpillar...
Je me suis replongée ce week-end avec délice dans la vidéothèque fantasmagorique du groupe mythique The Cure. Rien de bien nouveau me direz-vous, mais bien que la musique de The Cure -entre autres, très diverses- fasse partie intégrante de la vie à la Source depuis toujours, je n'avais gardé qu'un vague souvenir d'un clip qui me hantait cependant, comme ces films vus durant l'enfance ou l'adolescence qui, plus que quelques plans en mémoire, laissent une impression vive provoquée par de forts sentiments, émotions ou atmosphères. Ainsi, du clip illustrant le titre "The Caterpillar", mon cerveau n'avait conservé que quelques bribes mais aussi et surtout un "sentiment général" qui fait à présent de façon plus claire écho à mon intérêt pour le naturalisme, la botanique, les décors surannés, les illustrations de Rackham, les tableaux de Bosch, les contes, les chats et les marionnettes, les ambiances à mi-chemin entre le rêve et le cauchemar : une serre tropicale dans un bâtiment ancien, des plantes, des insectes, des papillons voletant autour des musiciens, un mille-patte coloré, ondulant et étrange. A l'époque, l'adolescente que j'étais n'avait pas encore pleinement conscience de ses potentialités et orientations artistiques et c'est avec émotion que j'ai revu ce clip qui n'a fait que confirmer cette impression floue et pourtant tenace.
On musarde dans ces vidéos comme dans un cabinet de curiosités où l'esprit victorien et les anthropomorphismes règnent. Chaque plan est un étonnement digne de celui d'Alice dans l'absurde et inquiétant pays des merveilles. On est toujours à la frontière entre la réalité et le rêve et on ne sait jamais si l'on doit rire ou s'effrayer ou s'émouvoir du maquillage et du faciès clownesques d'un Robert Smith à la gestuelle "kempienne". On sent cette part d'enfance faite d'émerveillements et de terreurs nocturnes chez cet artiste sensible, mais qui n'est pas non plus dénué d'esprit (witty) et d'une part raisonnable de provocation et d'humour. C'est une multitude de références qui me sont venues à l'esprit dans une fulgurance d'images, sons, couleurs, décors et ambiances: Jan Svankmajer, Jiri Trnka, l'Enfant et les Sortilèges de Ravel, le cinéma expressionniste allemand, les illustrations pour enfants et adultes, belles et sombres de Rackham, Beatrix Potter, Lewis Carroll bien sûr, Benjamin Britten, etc...
"caterpillar" est l'un de mes mots préférés en anglais. Répétez-le, de plus en plus vite, comme le font les enfants quand ils jouent avec les mots, et vous verrez qu'il évoque merveilleusement ce qu'il signifie.
Je vous invite donc à feuilleter les livres d'images un rien vieillotes et surprenantes du jour, "The Caterpillar", "Love Cats" et "Lullaby".
Commentaires
A la lecture du titre, j'étais très étonnée...Je ne comprenais pas que tu nous parles de BTP (sourire).
Mais à la lecture de la suite, tout s'éclaire...
Et soit dit entre nous, je ne suis pas étonnée que tu aimes autant "Cure". J'aurai même pu le parier...
Nous devons donc être de même génération...
A très bientôt.
En fait, même si c'est connu, Cure ne l'est pas forcément pour moi, donc ton billet est une découverte.
merci de ta visite et bonne semaine !
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