28 mai 2008
Petit Déjeuner
...en direct de la Source
PENDANT
APRES
Une bouffée de campagne pour celle-ci
Les Délires de la Dauphine
Autre extrait du Livre-Journal de Lazare Duvaux, déjà évoqué hier - Mai 1749
Qui oserait s'atteler à la confection de cet étonnant -vrai/faux- "bouquet" de toutes saisons ?
27 mai 2008
Laissez parler
les vieux papiers...

Papiers peints de la collection Mauny classés aux Monuments Historiques et réédités par Zuber
Commandes extraites du livre-journal de Lazare Duvaux, Marchand ordinaire du Roy :
Octobre 1748
"du 5. Mme la Ctesse de Maurepas : [...] Papier des Indes, fond blanc à fleurs, figures & oiseaux, 40 l."
Juillet 1749
"du 8. S. A. Mme la Ctesse de Marsan : une feuille de papier des Indes à fond d'argent à magots, 6 l."
Mai 1750
"du 28. S. A. Mme la Princesse de Rohan : [...] Deux feuilles de papier à fleurs, 16 l. Trois à figures, 21 l."
Juin 1750
"du 2. Mme la Ctesse d'Egmont, douairière :
Six feuilles de papier des Indes, fond doré à pagodes, à 6 l., rendu deux des feuilles, cy 24 l.
[...] Trois feuilles et demie de papier des Indes à magots, gris de lin, 28 l. [...]"
Juin 1750
"du 15. Mme la Duchesse de Lauraguais : [...] Quatre feuilles de papier des Indes, à nuées bleues, 30 l."
Photos extraites de :
"Les Maisons Romantiques de France" de Barbara et René Stoeltie, Taschen 2000
et
"Maisons de Famille : le Temps Retrouvé" de Christiane de Nicolay-Mazery et Bernard Touillon,
les Editions du Chêne-Hachette Livre 2002.
20 mai 2008
Envols Botaniques
Collages et Photos d'Alexis Anne Mackenzie
19 mai 2008
Hortus Conclusus II
Connaissez-vous ces jours où vous vous sentez pris(e) d'une impatience inexplicable, où vous ne commencez et ne finissez rien, où vous ne savez que faire du temps qui vous est donné ou tout au plus savez-vous que vous n'en sortirez rien de bien satisfaisant et concret ? Est-ce le ciel orageux chargé d'électricité impatient de libérer à nouveau ses averses ?
Cette humeur gentiment tourmentée, en l'absence de toute autre contrainte, m'entraîne parfois à tout laisser et prendre d'autres routes, chemins secrets de découverte et d'inspiration à travers la campagne environnante.
Ce jour-là, le ciel déployait un formidable camaïeu gris de Payne. Le soleil atténue les contrastes dans la nature et j'ai toujours préféré photographier les jardins par temps couvert sous une voûte légèrement nuageuse qui forme un écrin merveilleux à leur verdure et autres couleurs. Les paysages, comme lavés par le passage des ondées, apparaissent dans leur ultime vérité éclairée d'une belle lumière crue, et on peut en saisir les moindres nuances.
Un arbre déraciné au fond du jardin et les pivoines affaissées (heureusement redressées depuis) par la force des pluies récentes m'avaient quelque peu découragée et j'avais besoin d'être remotivée pour poursuivre mon ouvrage au jardin. Logiquement, car comme la météo il me fallait m'apaiser, je pris la direction de l'Abbaye de Saint Arnoult. Un besoin d'évasion donc, mais pour me retrouver dans un espace esthétique inconnu, clos et empreint de sérénité. La balade pour m'y rendre fut déjà un plaisir en soi, chemins et villages insoupçonnés bien que peu éloignés de la Source, campagne saisissante de beauté simple, vallons, fermes historiques perchées, bois mystérieux chargés de parfums d'humus et de plantes sylvestres, bruit du vent, vieux pédiluves abandonnés aux nénuphars, maisons secrètes, rencontres animales dans les prairies...
Le jardin de l'Abbaye de Saint Arnoult se mérite donc. Et c'est par un chemin caillouteux bordé de grands arbres et perdu au milieu de nulle part que l'on y accède, le regard récompensé par sa silhouette à peine triomphante émergeant en contrebas, aux frontières de la prairie et du bois.
Le dessin du jardin de cette abbaye n'a pas la rigueur structurelle de la Ferme de Bois-Richeux ou du Prieuré d'Orsan. Il me semble donc plus exact de le qualifier simplement de jardin "d'inspiration médiévale". Cependant, les neuf carrés (3 x 3) qui forment le principal centre d'intérêt de ce petit jardin nous renvoient bien vers la Sainte Trinité vénérée au Moyen Age, et ses murs d'enceinte, ainsi que les édifices austères et les matériaux naturels et rustiques qui le peuplent, en font indéniablement un "hortus" à la manière des enluminures de l'époque. A la fois hortus conclusus (jardin clos) bercé par la musique de la fontaine placée dans le carré central et hortus delicarium voué au plaisir des sens, baigné notamment de la fragrance puissante du rosier rugosa Blanc Double de Coubert, le visiteur y oscille sans cesse entre le profane et le sacré. Dans l'esprit du Moyen-Age, ce jardin est le reflet de l'Eden perdu, destiné à nourrir et sauvegarder une paix spirituelle, mais il m'est apparu aussi comme un jardin "courtois" et sensuel voué au bien-être.
Saint Arnoult dépasse parfois cette double vertu en se muant en jardin de l'imagination, comme en témoignent la très poétique mini forêt de bouleaux et son gardien moussu, sortis de l'imagination de sa propriétaire aidée de jeunes élèves d'un collège voisin.
La visite de ce jardin, de par sa dimension, ne fut pas si longue, mais il a suffi d'une pause sur un banc non loin de la fontaine et de promener mon regard sur les massifs débordant de géraniums vivaces, euphorbes, centaurées, pélargoniums et roses anciennes, pour avoir la certitude que ce lieu avait pleinement rempli la mission que j'avais choisi de lui octroyer en ce jour d'orage.
"Le jardin est jaloux des délices qu'il recèle", Andrew Sinclair.
06 mai 2008
Hortus Conclusus I

"Muhammad Shah dans un Jardin",
Peinture attribuée à Nidha Mal, Inde Moghole, vers 1735
(Boston Fine Museum of Arts)
L'empereur moghol Muhammad Shah, plus doué pour les loisirs que pour la guerre (piètre stratège, son règne de 1719 à 1748 aboutit à l'éclatement partiel de l'empire moghol indien), voulait que ses jardins soient en tous points l'incarnation du plaisir sensuel et inspirent un sentiment de paix et de tranquillité profondes, à l'abri des armées postées de l'autre côté des murs qui les clôturaient.
Jardins remparts contre la violence et la laideur d'un certain monde.
01 mai 2008
Contre les dragons
Saint Léonard, ami de Clovis, s'était retiré au coeur des bois où il menait une vie d'ascète. Il fut un jour provoqué par le démon ayant pris la forme d'un affreux dragon. Le combat fut féroce et le saint reçut maintes blessures. Cependant, à chaque goutte de sang qui tombait à terre, des pieds de muguet poussèrent et se mirent à fleurir.
Photo d'André Martin extraite du livre "Le Jardin Romantique de George Sand"
de Christiane Sand et le paysagiste Gilles Clément, paru chez Albin Michel en 1995.
Beaucoup de bonheur à vous tous et toutes qui prenaient le temps parfois de venir à la Source.







































