La Source aux Bois

Des fleurs, de l'art et des songes

17 avril 2009

Une soirée avec Tess

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"Tess of the d'Urbervilles", Hybride de rosier ancien, David Austin

Cette couleur, ce rouge rose carminé indescriptible et ce choix du nom de la rose correspondent-t-ils à une volonté de réminiscence de cette fraise qu'Alec fait croquer à Tess, se jouant de son innocence, comme une annonce à peine voilée de sa perte proche ?  C'est sans doute à mon sens la simple combinaison de ce rouge passionné épris d'absolu avec une forme pleine, ronde, informelle, "naturelle" en somme, de cette rose, qui en fait une merveilleuse incarnation de cette beauté pure victime des circonstances qu'est Tess d'Urbervilles.

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Je songe depuis longtemps à parer mon jardin de cette beauté.  Mais un tel rouge demande un peu de réflexion pour un mariage parfait et pérenne avec les espèces environnantes : ne serait-ce pas très triste que la Tess botanique soit elle aussi victime des circonstances et que j'en sois la funeste responsable...

Tess

C'est d'humeur un peu fataliste ces jours-ci, mélancolique et vagabonde, que je me suis offert une séance DVD solitaire hier soir avec cette dernière version BBC de Tess, moins ambigüe que celle de Polanski, anglaise à souhait, pour le plus grand plaisir des yeux et des oreilles (bien aguerries à la langue anglaise tout de même).

D'un point de vue purement futile, j'en ressors avec une envie de robes comme les siennes (help, Zoé!), un désir de campagne accru (pas de souci à priori puisque j'y vis, même si elle n'est pas anglaise) et la volonté déterminée de laisser ma chevelure repousser (portée longue "my whole life" - exactement comme Gemma Aterton dans le rôle titre - mais récemment coupée, voir épisode précédent).

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"Why it was that upon this beautiful feminine tissue, sensitive as gossamer, and practically blank as snow as yet, there should have been traced such a coarse pattern as it was doomed to receive; why so often the coarse appropriates the finer thus, the wrong man the woman, the wrong woman the man, many thousands of years of analytical philosophy have failed to explain to our sense of order."

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"But some might say, where was Tess's guardian Angel ? Where was the providence of her simple faith? Perhaps... he was talking, or he was pursuing, or he was in a journey, or he was sleeping and not to be awaked... As Tess's own people down in those retreats are never tired of saying among each other in their fatalistic way: 'It was to be.'"

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"My life looks as if it had been wasted for want of chances! When I see what you know, what you have read, and seen, and thought, I feel what a nothing I am!"

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Photos : BBC

Citations extraites de "Tess of the d'Urbervilles" de Thomas Hardy, 1891

A lire, ce court  essai de Ian MacKean, professeur à la School of Journalism de Londres,
qui donne envie de se repaître encore et toujours de la langue de Thomas Hardy,
avec en plus quelques clés intéressantes.

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10 avril 2009

Saint Vendredi

Le crépuscule des derniers cyclamens roses qui s'éteignent délicatement à l'intérieur...

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fait écho aux premiers Coeurs de Marie tout juste éclos dans le jardin
pour célébrer les Pâques.

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Photos : La Source aux Bois

Quoi de mieux que ces fleurs joyeuses et légères de jardin de curé
pour vous souhaiter de très...

Joyeuses Pâques !

Happy Easter!

Świąt Wielkanocnych !

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02 avril 2009

Potager notable

Le soleil persistant sur la Picardie ces derniers jours semble avoir enfin définitivement réveillé la nature frileuse considérablement en retard cette année, sans aucun doute en raison des grands froids qui ont marqué l'hiver à présent derrière nous.  Tous les bienheureux et bienheureuses ayant la chance d'avoir un lopin de terre à portée de main et de vue s'affairent à présent activement dans les massifs et rangs potagers, si j'en crois les foules se ruant vers pépinières, marchés et jardineries et les nombreux billets de la blogosphère à ce sujet. Toute cette effervescence printanière et jardinière me donne envie de vous faire visiter en images le Potager de Breuil-le-Sec (Oise), plus exactement celui de la Ferme des Etournelles.

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En passant le portail, après avoir bénéficié de l'accueil chaleureux de la gardienne qui loge à l'entrée du lieu, on a instantanément le sentiment de remonter le temps et de pénétrer dans une ferme-château certes cossue mais simple de noblesse villageoise.  Rien ici n'est en effet ostentatoire : allées plantées d'arceaux simples couverts de rosiers charmants, boules de buis éternels si faciles à bouturer, serre adossée à la demeure sobre et élégante, parc paysager planté de quelques essences rares privilégiant plutôt les grandes étendues; on se laisse séduire très vite par le charme provincial, suranné et discret du lieu où l'on perçoit la volonté de joindre l'utile à l'agréable.

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On prend un plaisir très enfantin à cheminer sous le plafond léger et clairsemé de rosiers en fleur pour arriver à l'entrée du potager enserré de hauts murs de vieilles pierres.  Parc et potager furent imaginés en 1851 par Louis Sulpice Varé, paysagiste préféré de la Reine Hortense (fille de Joséphine de Beauharnais), concepteur de nombreux jardins dans l'Oise et le Val d'Oise, entre autres, et qui fut le premier à travailler à la réalisation du Bois de Boulogne avant de se fâcher avec Haussman qui lui confisqua ensuite le projet avant son terme.  Si vous désirez en savoir plus sur l'homme et vous intéressez à l'histoire des jardins, je vous engage à vous procurer ce numéro de la revue Polia qui en propose un portrait plutôt bien fait.

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Le regard embrasse d'un seul coup d'oeil le potager qui s'étend jusqu'aux contreforts de l'église, ce qui en fait une sorte de jardin de curé puissance dix. C'est là une volonté délibérée de Mr. Varé d'avoir conçu une légère déclivité du sol afin d'offrir d'un seul bloc le spectacle des rangs bien ordonnés, néanmoins débarrassés d'une certaine austérité géométrique grâce aux bordures joufflues de buis.  Malgré le mouvement perpétuel des récoltes, on a la confirmation que le temps s'est arrêté en 1851 lorsque l'on apprend que le dessin du potager n'a pas bougé depuis cette date.

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Ma dernière visite a eu lieu au début du mois de juin pendant le week-end des Rendez-Vous aux Jardins, et les rangées, traversées d'allées en terre battue devenue dure à force d'être foulée (c'est émouvant d'imaginer sabots, galoches, bottes cavalières, crinolines et jupes de bure déambulant ici), n'affichent pas encore la profusion de légumes produits en été, mais une opulence colorée de fleurs vivaces plantées en masse. Et ce sont des cortèges de digitales, lupins, iris, pavots, pivoines, delphiniums, géraniums vivaces, oeillets à venir, sans doute issus de moultes divisions, boutures, échanges et semis.  Alors que maints jardiniers (dont moi) se torturent parfois pour la réussite de "mixed borders" à l'anglaise qui doivent être harmonieuses tant en couleurs qu'en volumes, tellement subjugués que nous sommes par le raffinement des massifs à la Gertrude Gekyll, la beauté de ces processions de vivaces simplement alignées, plantées en masse et traités graphiquement en somme comme des légumes, a quelque chose de rassurant, à savoir que la simplicité au jardin paie parfois tout autant sinon plus qu'une certaine forme de complexité mal maîtrisée.

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Photos : La Source aux Bois

Ce billet en pensant particulièrement à celle-ci

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Posté par lasourceauxbois à 20:02 - Jardin Jardins - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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