09 juin 2008
Cabinet de Torture

Photos, livre (édition de 1927) et collection : La Source aux Bois
20 mai 2008
Envols Botaniques
Collages et Photos d'Alexis Anne Mackenzie
25 janvier 2008
Raviver le Plaisir des Yeux
Je ne m'aventurerais pas à vous résumer la passionnante et fort concise introduction au site de l'antiquaire munichois Georg Laue sur les chambres de merveilles et beaux-arts ainsi que le billet érudit et complet de Florizelle sur l'ouvrage de Patricia Falguières consacré aux "wunderkammern"...
Si comme moi vous êtes collectionneuse d'écorces, plumes, lichens, nids, tableaux, coupes et coupelles, globes et boîtes, dents de lait, boucles de cheveux, miniatures en tout genre, heureuse du renouveau des cabinets de curiosités, ou désireuse d'aménager chez vous un "petit coin d'accumulation" réservé à vos merveilles , je vous invite simplement à conjuger ces deux sources d'information précieuses et à déambuler sur le site muséal de Georg Laue, ce qui, comme le suggère l'historien d'art et directeur de musée Manfred Leithe-Jasper, "va raviver votre plaisir de regarder".
Je dédie ce billet à Florizelle...
11 décembre 2007
Dans ces Bois-Là
"La nuit vient. Le hibou s'envole. C'est l'instant où l'on songe aux récits des aïeules naïves..."
(Dans les bois)
"La lune est rouge au brumeux horizon;
Dans un brouillard qui danse, la prairie
s'endort fumeuse, et la grenouille crie
par les joncs verts où circule un frisson;
Les fleurs des eaux referment leurs corolles;
Des peupliers profilent aux lointains,
Droits et serrés, leurs spectres incertains;
Vers les buissons errent les lucioles;
Les chats-huants s'éveillent, et sans bruit
rament l'air noir avec leurs ailes lourdes,
Et le zénith s'emplit de lueurs sourdes.
Blanche, Vénus émerge, et c'est la Nuit."
(L'heure du Berger)
"Fantômes vermeils,
Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
A de grands soleils
Couchants sur les grèves."
(Soleils couchants)
Poèmes Saturniens, Paul Verlaine

Grandes Ecuries du Château de Chantilly - Décembre 2007
Photos La Source aux Bois
12 novembre 2007
Chine Voluptueuse
La chine est toujours, et encore parfois à moindre coût, source d'heureuses trouvailles artistiques. Ainsi, ce nu à l'encre violette acquis récemment pour rien dont la rondeur et la volupté m'ont séduite et m'ont rappelé la sensualité surannée des modèles au grain de peau parfait des cartes postales érotiques de la Belle Epoque et la pose alanguie des nus lascifs de Modigliani. Bizarrement, c'est simplement la juste représentation du regard qui rend ce nu encré un peu plus sexuel que celui du grand peintre.
Je ne le cherchais pas, c'est lui qui semble m'avoir trouvée.
01 novembre 2007
Souvenir d'un Pays à moitié Oublié

"L'Epouvante", Alfred Kubin - 1901
Puisant son inspiration aux sources de la tradition du conte et du fantastique, esprit tourmenté féru de philosophie, l'Autrichien Alfred Kubin, auquel le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris consacre une exposition, fait partie de ces artistes inclassables dont l'oeuvre se soumet difficilement à toute analyse historique ou rationnelle. On peut y voir différentes influences, d'Odilon Redon pour l'onirisme à Bosch pour l'étrangeté et le grotesque en passant par William Blake pour le surréalisme d'avant-l'heure, mais toute la force de l'art de ce peintre, illustrateur et écrivain, tient dans son mystère, peuplé de créatures hybrides et fascinantes auxquelles sied particulièrement la monochromie. Si vous ne pouvez vous rendre à l'exposition, je vous engage à vous procurer son catalogue, dont la reliure et la présentation ont été particulièrement soignées et en font un très bel ouvrage à garder précieusement dans votre bibliothèque. Vous aimerez sûrement vous y perdre les soirs de pleine lune.
"Vampire", 1900
"Animal Fabuleux", 1903-1904
"Scène Sous-Marine", 1906
31 octobre 2007
Danse Macabre
HAPPY HALLOWEEN
Danse des Morts - 1852
The English Dance of Death - 1815
Todten-Tanz - 1736
La Calavera Siglo XX - 1930
The Fantastic in Art and Fiction, Division of Rare and Manuscript Collections
Cornell University Library
22 octobre 2007
Caterpillar, caterpillar, caterpillar, caterpillar...
Je me suis replongée ce week-end avec délice dans la vidéothèque fantasmagorique du groupe mythique The Cure. Rien de bien nouveau me direz-vous, mais bien que la musique de The Cure -entre autres, très diverses- fasse partie intégrante de la vie à la Source depuis toujours, je n'avais gardé qu'un vague souvenir d'un clip qui me hantait cependant, comme ces films vus durant l'enfance ou l'adolescence qui, plus que quelques plans en mémoire, laissent une impression vive provoquée par de forts sentiments, émotions ou atmosphères. Ainsi, du clip illustrant le titre "The Caterpillar", mon cerveau n'avait conservé que quelques bribes mais aussi et surtout un "sentiment général" qui fait à présent de façon plus claire écho à mon intérêt pour le naturalisme, la botanique, les décors surannés, les illustrations de Rackham, les tableaux de Bosch, les contes, les chats et les marionnettes, les ambiances à mi-chemin entre le rêve et le cauchemar : une serre tropicale dans un bâtiment ancien, des plantes, des insectes, des papillons voletant autour des musiciens, un mille-patte coloré, ondulant et étrange. A l'époque, l'adolescente que j'étais n'avait pas encore pleinement conscience de ses potentialités et orientations artistiques et c'est avec émotion que j'ai revu ce clip qui n'a fait que confirmer cette impression floue et pourtant tenace.
On musarde dans ces vidéos comme dans un cabinet de curiosités où l'esprit victorien et les anthropomorphismes règnent. Chaque plan est un étonnement digne de celui d'Alice dans l'absurde et inquiétant pays des merveilles. On est toujours à la frontière entre la réalité et le rêve et on ne sait jamais si l'on doit rire ou s'effrayer ou s'émouvoir du maquillage et du faciès clownesques d'un Robert Smith à la gestuelle "kempienne". On sent cette part d'enfance faite d'émerveillements et de terreurs nocturnes chez cet artiste sensible, mais qui n'est pas non plus dénué d'esprit (witty) et d'une part raisonnable de provocation et d'humour. C'est une multitude de références qui me sont venues à l'esprit dans une fulgurance d'images, sons, couleurs, décors et ambiances: Jan Svankmajer, Jiri Trnka, l'Enfant et les Sortilèges de Ravel, le cinéma expressionniste allemand, les illustrations pour enfants et adultes, belles et sombres de Rackham, Beatrix Potter, Lewis Carroll bien sûr, Benjamin Britten, etc...
"caterpillar" est l'un de mes mots préférés en anglais. Répétez-le, de plus en plus vite, comme le font les enfants quand ils jouent avec les mots, et vous verrez qu'il évoque merveilleusement ce qu'il signifie.
Je vous invite donc à feuilleter les livres d'images un rien vieillotes et surprenantes du jour, "The Caterpillar", "Love Cats" et "Lullaby".
The Love Cats
We move like cagey tigers We couldn't get closer than this The way we walk The way we talk The way we stalk The way we kiss We slip through the streets While everyone sleeps Getting bigger and sleeker And wider and brighter We bite and scratch and scream all night Let's go and throw All the songs we know... Into the sea You and me All these years and no one heard I'll show you in spring It's a treacherous thing We missed you hissed the lovecats We're so wonderfully wonderfully wonderfully Wonderfully pretty! Oh you know that I'd do anything for you... We should have each other to tea huh? We should have each other with cream Then curl up by the fire And sleep for awhile It's the grooviest thing It's the perfect dream Into the sea You and me All these years and no one heard I'll show you in spring It's a treacherous thing We missed you hissed the lovecats We're so wonderfully wonderfully wonderfully Wonderfully pretty! Oh you know that I'd do anything for you... We should have each other to dinner huh? We should have each other with cream Then curl up in the fire Get up for awhile It's the grooviest thing It's the perfect dream Hand in hand Is the only way to land And always the right way round Not broken in pieces Like hated little meeces... How could we miss Someone as dumb as this? I love you... let's go... Oh... solid gone... How could we miss Someone as dumb as this ?



























